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PRP et maladie de La Peyronie : une promesse thérapeutique qui redessine l’avenir

07/09/2025 à 16:24

#Souslaloupe – Épisode 7 - PRP et maladie de La Peyronie : une promesse thérapeutique qui redessine l’avenir

 

La maladie de La Peyronie reste un sujet délicat, souvent tabou, mais qui touche pourtant jusqu’à 10 % des hommes, principalement entre 40 et 70 ans. Déformation du pénis en érection, douleurs, impact sur la vie intime et le bien-être psychologique : les conséquences sont considérables, mais les options thérapeutiques sont limitées et souvent invasives.

Une nouvelle étude clinique, publiée en 2025, ouvre des perspectives encourageantes. Intitulée “Platelet-rich plasma intra-plaque injections rapidly reduce penile curvature and improve sexual function in Peyronie’s disease patients: results from a prospective large-cohort study”, elle évalue pour la première fois à grande échelle l’impact du Plasma Riche en Plaquettes (PRP) injecté directement dans la plaque fibrotique. Les résultats semblent ouvrir la voie à une alternative non chirurgicale, efficace et mieux tolérée.

 

Contexte

La maladie de La Peyronie est une pathologie fibro-proliférative de la tunica albuginea, l’enveloppe entourant les corps caverneux du pénis. L’inflammation entraîne la formation d’une plaque fibreuse qui empêche l’élasticité normale lors de l’érection, provoquant une courbure pénienne, parfois associée à un raccourcissement et à des troubles érectiles.

Historiquement, la prise en charge repose sur :

  • Des médicaments oraux (vitamine E, colchicine, pentoxifylline) à efficacité limitée.
  • Des injections intraplaques de collagénase ou de verapamil, avec des résultats variables.
  • La chirurgie, réservée aux formes sévères ou stables, mais avec des risques de raccourcissement ou de dysfonction érectile.

Malgré ces options, de nombreux patients restent insatisfaits. C’est dans ce contexte que les approches régénératives, comme le PRP, suscitent un intérêt croissant.

 

Pourquoi le PRP ?

Le PRP est obtenu à partir du sang du patient par centrifugation, concentrant les plaquettes dans un petit volume de plasma. Ces plaquettes libèrent des facteurs de croissance (PDGF, VEGF, TGF-β…) et des cytokines qui :

  • Stimulent la régénération tissulaire.
  • Réduisent l’inflammation.
  • Modulent la fibrose en limitant la production anormale de collagène.

Dans la maladie de La Peyronie, l’injection directe dans la plaque cible précisément la zone pathologique, avec l’espoir d’assouplir le tissu, de réduire la courbure et d’améliorer la fonction érectile sans recourir à un geste chirurgical mutilant.

 

Méthodologie de l’étude

  • Population : grande cohorte prospective d’hommes présentant une maladie de La Peyronie avec courbure pénienne significative.
  • Protocole PRP : prélèvement sanguin autologue, préparation par double centrifugation selon un protocole standardisé, injection intraplaque en conditions stériles.
  • Plan de traitement : plusieurs séances espacées de 2 à 4 semaines, sur une période totale de quelques mois.
  • Évaluations : mesure de l’angle de courbure, score IIEF (International Index of Erectile Function), intensité de la douleur, satisfaction globale.

 

Résultats principaux

Les conclusions rapportées par les auteurs sont particulièrement encourageantes :

  • Réduction rapide de la courbure : amélioration significative dès les premières semaines, souvent après 1 ou 2 séances, avec une diminution notable de l’angle mesuré.
  • Amélioration de la fonction sexuelle : scores IIEF en hausse, meilleure rigidité et confort lors des rapports.
  • Diminution de la douleur : soulagement progressif des douleurs en érection.
  • Tolérance excellente : aucun événement indésirable grave, seulement quelques réactions locales transitoires (sensibilité, rougeur).
  • Satisfaction patient élevée : perception d’un gain fonctionnel et esthétique.

 

Discussion

Cette étude se distingue par :

  • Sa taille d’échantillon : une large cohorte, là où la plupart des travaux précédents sur PRP et Peyronie restaient limités à de petites séries.
  • Son approche prospective : ce qui renforce la fiabilité des observations.
  • La rapidité des résultats : un point capital pour la motivation des patients à suivre le traitement.

 

Bien sûr, il faut rester prudent :

  • L’absence de groupe contrôle limite la possibilité d’exclure un effet placebo.
  • La durée du suivi ne permet pas encore de confirmer la pérennité des améliorations à long terme.
  • Des essais randomisés comparatifs sont nécessaires pour positionner le PRP face aux options actuelles (collagénase, chirurgie).

Néanmoins, sur le plan mécanistique, les effets anti-fibrotiques et pro-régénératifs du PRP sont cohérents avec les résultats observés, et l’excellente tolérance renforce son intérêt clinique.

 

Conclusion

L’injection intraplaque de PRP apparaît comme une piste thérapeutique prometteuse, non invasive et bien tolérée pour la maladie de La Peyronie. Elle pourrait offrir à terme une alternative crédible aux interventions chirurgicales, tout en améliorant non seulement la morphologie pénienne mais aussi la fonction sexuelle et le bien-être psychologique des patients.

La route vers une adoption large passera par des essais multicentriques, randomisés et à long terme… mais en attendant, cette étude constitue une avancée enthousiasmante dans un domaine où les innovations sont rares.

 

???? Et vous ? Pensez-vous que le PRP pourrait devenir une nouvelle norme thérapeutique dans les troubles andrologiques ? Partagez vos réflexions et restez connectés pour le prochain épisode de #Souslaloupe.

 

Source : Dachille, G., Panunzio, A., Bizzotto, L., D'Agostino, M. V., Greco, F., Guglielmi, G., Carbonara, U., Spilotros, M., Citarella, C., Ostuni, A., Lucarelli, G., Ditonno, P., Tafuri, A., & REACT (Research in Exploring Andrology, Cutting-edge Technologies) group (2025). Platelet-rich plasma intra-plaque injections rapidly reduce penile curvature and improve sexual function in Peyronie's disease patients: results from a prospective large-cohort study. World journal of urology43(1), 306. https://doi.org/10.1007/s00345-025-05691-5

 

Pour aller plus loin sur le sujet : 

- Al-Thakafi S, Al-Hathal N (2016) Peyronie’s disease: a literature review on epidemiology, genetics, pathophysiology, diagnosis and work-up. Transl Androl Urol 5:280–289. https://doi.org/10.21037/tau.2016.04.05

- Stuntz M, Perlaky A, des Vignes F et al (2016) The prevalence of Peyronie’s disease in the United States: a population-based study. PLoS ONE 11:e0150157. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0150157

- Schwarzer U, Sommer F, Klotz T et al (2001) The prevalence of Peyronie’s disease: results of a large survey. BJU Int 88:727–730. https://doi.org/10.1046/j.1464-4096.2001.02436.x